Il y a des bougies discrètes,
et d' autres qui éblouissent. Celles soufflées le 22
mars par les naturistes de Paris pour fêter les 50 printemps
de leur association seraient plutôt du genre éclatantes,
voire aveuglantes pour ceux qui, réticents à toute opération
médiatique, préfèrent vivre cachés pour
vivre heureux.
Depuis des décennies,
il est vrai, les médias audiovisuels ont rarement ménagé
le mouvement naturiste, et on comprend aisément les hésitations
ou refus à s' exposer devant les caméras
pour ne recevoir en retour, au mieux, que quolibets et commentaires
peu respectueux. Mais les reportages présentés ou programmés
par différentes chaînes de télévision grand
public ces derniers mois semblent indiquer une tendance intéressante
qu'il serait dommage de négliger.
Pour la première
fois, la télévision s'intéresse au naturisme
en hiver ! Comme si ceux qui la font comprenaient que cette pratique
peut être plus qu'une activité saisonnière, motivée
par l'unique volonté d'obtenir un bronzage uniforme. Et admettant,
ainsi, que ce peut être un choix permanent, où le «vivre
nu» primerait sur le «se mettre nu». Il
serait dommage, alors, de rejeter le principe par simple condamnation
d'une forme souvent contestable, et perdre toute occasion de faire
savoir que le naturisme n' est pas une activité
honteuse, ou réservée à quelques initiés.
Défendre un naturisme bien compris, bien vécu, par le
plus grand nombre, sera justement le thème proposé,
fin avril, aux membres de l'assemblée de l'Union des Clubs
du Soleil... Difficile
de faire passer le message en restant dans l'ombre...
Jean-Luc
Bouland, Rédacteur en Chef
Sommaire du numéro 94